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Dans la famille Le Pen, je demande la petite-fille

Dans la famille Le Pen, je demande la petite-fille

 

Après Jean-Marie et Marine, c'est Marion Maréchal-Le Pen, petite-fille de l'ancien président du FN et nièce de la dirigeante actuelle, qui entre en politique. The Guardian l'a suivie dans la circonscirpion du Vaucluse où elle se présente – avec une chance de l'emporter.

06.06.2012 | Angelique Chrisafis | The Guardian

 
Marion Maréchal - Le Pen en meeting à L'Isle-sur-la-Sorgue aux côtés de son grand-père, le 3 juin.

Marion Maréchal - Le Pen en meeting à L'Isle-sur-la-Sorgue aux côtés de son grand-père, le 3 juin.

Au milieu des jardinières suspendues et des fontaines en pierre d'un marché pittoresque de Provence, le nouveau visage de l'extrême droite française passe d'un étal à l'autre en souriant timidement. "Voici mon tract, je ne suis pas photoshoppée", dit-elle à un fromager. "Ne vous en faites pas, ça viendra, ma chère", lui répond-il.

Marion Maréchal-Le Pen, 22 ans, qui fait campagne pour les prochaines législatives, est la plus jeune représentante de la dynastie Le Pen et la troisième génération à briguer le suffrage des Français. C'est la petite-fille de Jean-Marie Le Pen et la nièce de Marine, la nouvelle présidente du Front national, qui a réalisé le score record de 17,9% lors du premier tour de l'élection présidentielle d'avril dernier.

En voyant passer la jeune Le Pen, un agriculteur de 63 ans, réduit à vendre des barquettes de fraises à l'arrière de sa camionnette à cause des "pratiques démentes des géants du supermarché qui importent des fruits du Mexique", rayonne de fierté. Pendant trente ans, il a conservé un autocollant de Jean-Marie Le Pen sur sa voiture en l'honneur de l'ancien chef du parti. Il a le sentiment que la France "ouvre enfin les yeux" sur le fait que seule l'extrême droite peut empêcher le pays de "devenir musulman". Mais d'autres marchands sont plus difficiles à convaincre. "Fascistes !" s'exclame l'un d'eux en refusant de prendre le tract. "Il va falloir trouver une nouvelle insulte", marmonne la candidate.

Voilà des décennies que la vie de la famille Le Pen est une sorte de soap opera de l'extrême droite française et que ses membres sont photographiés et étudiés sous toutes les coutures à la moindre occasion. Jean-Marie Le Pen a souvent exhibé ses trois filles blondes pour symboliser le vrai peuple français. Dans les années 1980, durant la terrible bataille en public qui a précédé son divorce d'avec sa première épouse, cette dernière s'est vengée en posant nue dans Playboy. Les filles Le Pen ont toujours été dans le voisinage du parti et ont épousé des personnalités du Front national.

C'est ainsi que Marion Maréchal-Le Pen a attiré des escouades de journalistes depuis qu'elle brigue le siège de plus jeune parlementaire de France depuis le révolutionnaire Louis-Antoine Saint-Just, en 1791. Ses parents sont la deuxième fille de Jean-Marie Le Pen, Yann, et Samuel Maréchal, ancien président du Front national de la jeunesse. Ses opposants l'accusent non seulement d'avoir été parachutée dans une circonscription avec laquelle elle a peu de liens, mais aussi de se présenter pour faire plaisir à sa famille.

La veille de cette matinée de distribution de tracts dans le sud de la France, la jeune candidate, qui est encore étudiante, passait un examen de droit à Paris. Elle se présente dans un coin du Vaucluse où sa tante a fait son meilleur score à la présidentielle : 31,5 %. Bastion des idées d'extrême droite, cette région était le verger de la France avant de voir son agriculture décliner et le chômage et la pauvreté gagner du terrain.

Les descendants des immigrés – souvent nord-africains – qui sont venus travailler dans les fermes et construire des barrages il y a plusieurs décennies sont des Français qui sont nés et ont grandi en France. Pourtant l'extrême droite redoute toujours une immigration de masse. Même si elle doit batailler contre le candidat sortant de l'UMP, qui a rempli six mandats consécutifs et qui est le favori, Marion Maréchal-Le Pen a donc une chance de devenir la première députée du Front national depuis des décennies.

C'est Jean-Marie Le Pen, 84 ans, qui a insisté pour que sa petite-fille brigue ce siège symbolique. Sur le marché, quelqu'un dit à la jeune candidate : "Ton grand-père avait les bonnes idées mais les exprimait mal." "A chaque génération son style", répond-elle, en précisant qu'elle est fière de l'honnêteté de son grand-père.

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20/01/2013
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